Maison de la Petite Enfance

Jan 6, 2021

POULDERGAT SPORTS: des derbys passionnés et passionnants..


Catégorie : General
Posté par : mairie

Par le passé, le football était la seule activité sportive des jeunes ruraux. C’est pourquoi, les matchs, entre communes voisines (Mahalon, Confort, Gourlizon, Landudec, Guiler sur Goyen, Le Juc’h, les différents clubs douarnenistes - qui ont été au nombre de 5 -, et Poullan) étaient fort attendus de tous : jeunes qui fréquentaient la même école, voire, la même classe, mais aussi, les plus anciens qui se remémoraient les matchs d’avant et des débats familiaux intenses et passionnels…Bref, chaque « derby » portait bien son nom et l’un d’entre eux a marqué cette époque plus que d’autres : les Gâs de Poullan contre Pouldergat Sports le 10 mars 1984, faisant, même, la une des matchs du district dans les colonnes du Télégramme alors que les deux clubs évoluaient en 3ème division.

 

Pourquoi toute cette ferveur

Remettons-nous dans le contexte :

 

  • Pouldergat Sports était leader invaincu avec une défense de fer (6 buts encaissés en 16 matchs) soit une moyenne de 0,35 but par match. Du rarement vu, sans doute, dans n’importe quel championnat ;

  • Son dauphin, les Verts de Poullan présentaient la meilleure attaque du groupe : 66 buts en 16 matchs soit une moyenne de 4 buts par match ;

  • La question posée était, donc, simple : qui allait l’emporter de ce duel attaque – défense, et prendre ainsi la tête du groupe car seul un point séparait les deux équipes au classement.

 

En outre, les deux équipes étaient coachées par des entraineurs qui ont marqué leur club :

  • Jean Le Fur à Pouldergat-Sports : il s’agissait de sa première saison comme entraineur à Pouldergat-Sports après une carrière dans la région parisienne. En effet, en 1947, il signa au Red Star qui évoluait en CFA (Championnat France Amateur soit l’équivalent à la 3è division nationale ou Nationale 1 aujourd’hui) et y joua jusqu’en 1954. Il deviendra ensuite entraineur de Charenton avant de revenir à Pouldergat pour sa retraite en 1983 car il s’était marié en 1947, aussi, avec une pouldergatoise.

 

  • Henri Le Hénaff à Poullan, était un ancien canonnier de la Stella-Maris, et avait participé, au début des années 70, aux nombreuses épopées des Douarnenistes en Coupe de France dont quatre 32è de finale et un 16è de finale.

 

La réponse se déroula devant plus de 450 spectateurs…Oui, vous lisez bien : 450 entrées payantes pour un match de 3ème division de district en présence des chroniqueurs sportifs sud finistériens de nos quotidiens locaux : Ouest-France et Télégramme.

Chaque club avait ses supporters et son matériel : porte-voix, banderoles, tenues… et même quelques gallinacés peints aux couleurs locales…

Paul KERVAREC, jeune gardien éblouissant de Pouldergat, se souvient : « La chaleur était lourde. On connaissait les talents de l’équipe adverse. Tout le monde était concentré et chose surprenante, il n’y avait aucun bruit dans les vestiaires ».

A leur entrée sur le terrain, les joueurs portaient la pression de tout ce public et des journalistes présents (séance photos) car peu habitués

Le match fût un véritable combat attaque – défense à savoir une domination poullanaise qui butait sur un « catenaccio » pouldergatois parfaitement huilé et organisé autour d’une charnière centrale composée de Jean-Hervé PICHAVANT et Christian LE FLOC’H qui, lorsqu’ils étaient pris de cours, étaient sauvés par l’homme du match, certainement, Paul KERVAREC, auteur de parades à dégoûter tout attaquant (voir photo ci jointe prise par un spectateur poullanais).




Pouldergat-Sports opérait ainsi en contre en s’appuyant sur la rapidité de ses attaquants dont le vif blondinet Hubert Le Bars et, comme cela arrive souvent, dominer n’est pas gagner. Ainsi, contre le cours du jeu, Yves LE BARS, ouvrait le score pour les Rouges d’un tir sublime des 25 m, permettant aux pouldergatois de mener 1 à 0 à la mi-temps.

En seconde période, poussés par leur entraîneur-joueur, Henri LE HENAFF, les capistes, attaquant de tout côté, égaliseront et prendront l’avantage dans le premier quart d’heure. La suite fût une rencontre tendue, crispée mais toujours correcte de part et d’autre. Victoire finale de Poullan sur le score de 2 à 1, qui prenait les rênes du championnat à ses adversaires du jour et réconciliation de tous (joueurs et supporters) à la 3ème mi-temps.

Pour Paul : « Le stress et le fait de jouer à l’extérieur avaient davantage paralysé les pouldergatois que les verts de Poullan. Ce faisant, l’équipe n’avait pu ni jouer libérée, ni exprimer son jeu habituel »

P-S : si Poullan pensait avoir fait le plus dur pour la montée en gagnant ce match, c’est pourtant, Pouldergat Sports qui accédera à la seconde division au prix d’un savant calcul que nous allons vous expliquer plus bas. En effet, comme beaucoup, les rouges découvriront la règle dit du quotient et, surtout, ils apprendront par le District qu’ils reprenaient la tête du classement à 2 journées de la fin du championnat.

C’est quoi, cette règle dite du quotient ?

Pour vous l’expliquer, reprenons le classement final en nous intéressant qu’aux deux premiers.

1er Pouldergat Sports 60 points (17 V, 4 N et une défaite, Poullan, donc) ; buts marqués : 59 ; buts encaissés : 9 ;

2ème : Poulan : 60 points (18 V, 2 N et 2 D dont le match aller à Pouldergat sur le score de 1 à 0) ; buts marqués : 95 ; buts encaissés : 30 ;

En ces temps-là, ce n’est pas le goal avérage général ni particulier qui départageait les exæquos mais cette fameuse règle dite du quotient à savoir la division des buts marqués sur les buts encaissés soit, pour Pouldergat Sports : 59/9 = 6,56 et pour Poullan : 95/30 = 3,15

Le quotient pouldergatois étant supérieur aux poullanais, ce sont donc les hommes de Jean LE FUR, qui fêteront l’accession, presqu’à l’insu de leur plein gré….