Histoire

Epoque préromaine

Près du village de Cornancoët, on voit une enceinte fortifiée de forme circulaire qui mesure, à l'intérieur des retranchements, 25 mètres de diamètre et qui renferme quelques substructions. Mr le baron du Fretay attribuait une origine gauloise à cette enceinte qu'il avait explorée en 1893 et où il recueillit une certaine quantité d'objets en fer. La même année, sur les dépendances de Kerlivit, fut exploré un petit tumulus qui recouvrait un dolmen. On trouva dans la crypte deux poignards en bronze parfaitement conservés, une pointe de flèche et de boulets en pierre. Dans la montagne de Trélen (passage de l'étang) (1), sur les hauteurs qui dominent le Moulin-Neuf, les gaulois avaient établi un vaste oppidum dont les substructions couvraient plus d'un hectare. Ces ruines, connues dans le pays sous le nom de Pouldahut Bihan, ont disparue lors de la mise en culture du terrain qu'elles occupaient. A peu de distance de cet oppidum, sur la montagne de Creach-Goyen, il existe un établissement qui, sans avoir l'importance du précédent, devait appartenir à la même époque. Les vestiges gaulois abondent d'ailleurs dans cette région. Au cours d'une excursion archéologique, Mrs le Chanoine Abgrall et E. de Lécluse ont découvert un oppidum assez important sur les terres du Mont en Poullan, village situé sur les confins de Pouldergat, à 800 mètres au sud-ouest de la chapelle St Vendal. (1) Menez Trelen qui dépendait du domaine royal, contenait 165 journaux, d'après un mesurage de 1642. Afféagée vers cette époque à Christophe Fouquet de Chalain, elle fut divisée en plusieurs lots qu'acquirent les villages voisins. __A l'est de ménez Trelen, s'étendait un étang de 50 journaux, aujourd'hui desseché, qui dépendait du moulin de Pontmeur, appelé ensuite Moulin de Bonescat et, en dernier lieu Moulin vert.

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Epoque gallo-romaine

Nombreuses sont les traces que l'occupation romaine a laissé dans Pouldergat où l'on rencontre plusieurs villages aux nom caractéristiques comme Kerromen, le Questel et Kerstrat, ainsi que trois ou quatre tronçons de voies dont l'origine romaine ne paraît pas douteuse et enfin les enceintes fortifiées de Trézent, de Penguilly et de Botcarn. Ce dernier camp près duquel des tuiles à rebord ont été recueillies, a la forme d'un parallélogramme à angles arrondis et une superficie de trente cinq à quarante ares. Il commandait une des voies qui reliaient Keris à Audierne. Le camp retranché de Trézent, situé au midi du village de ce nom, est aujourd'hui en parti détruit. De même que celui de Penguilly, il aurait été établi, d'après Mr le Dr Picquenard, en vue d'assurer, du côté sud, la défense de la ville d'Is et de sa banlieue.

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Voies romaines

La plupart des voies qui autrefois sillonnaient Pouldergat ont été décrites par Mr le Dr Picquenard dans l'intéressante étude sur " la Ville d'Is et ses environs " qu'a publié le Bulletin de la Société Archéologique de 1906. Une de ces voies reliait Keris à Vindana Portus (Audierne). Son tracé est encore parfaitement reconnaissable depuis Pouldavid jusqu'au Dinvès, au sud de la route moderne de Douarnenez à Audierne par Pont-Croix. Sur cette voie s'embranchait, au nord du village de Lanriec, une voie secondaire " passant à Keranpape et Botcarn, entre Hentmeur et le Moguermeur, au nord de Penguilly, Lesivy, Trobeuzec, Lesvoayen, au bourg de Meilar et aboutissant sur la voie principale à 700 mètres à l'ouest de la chapelle de Confort. " Une autre voie, restaurée au XIXème siècle et dénommée " la petite route de Pont-Croix " , se détachait au sud-est de Kerfréost de la grande voie de Civitas Aquilonia à Keris et passait entre Guerveur et Kerstrat, puis à 500 mètres au sud du bourg de Pouldergat, au nord de Botgragues et du Moguermeur et enfin à Lanfiat avant de rejoindre au sud de Keramoal (en Poullan) la voie de Keris à Audierne. Voie de Kerity à Keris Cette voie qui n'a pas encore attiré l'attention des archéologues, mettait en communication les deux principaux havres de la région. Antérieurement à la conquête, elle desservait un certain nombre d'oppidums gaulois. Les romains en firent une route stratégique et établirent sur son parcours plusieurs camps dont le plus important est celui de Kergurunet en Plogastel. Après avoir traversé les territoires de Beuzec-Cap-Caval, Ploneour, Peumerit, Plogastel et Landudec, la voie, franchissant le Goyen sur Pontmeur, entrait dans Pouldergat. Elle contournait à l'est la montagne de Trélen, passait par Kervarlé Hor, le Petit Bourg, Bodonap, le Moulin du Questel, le village du Guilly et arrivait au pont Trénot jeté sur le cours d'eau qui sépare Pouldergat de Ploaré. Sur le territoire de Ploaré, la voie se continuant par Tromané, Keramestre et Kerru, rencontrait la voie de Civitas Aquilonia à Keris au nord-est de Tuongouzel. Dans ce dernier village les romains ont laissé comme souvenir de leur occupation le petit poste qui domine le vallon de Pouldavid et les ruines d'un temple qui devait remonter au règne d'Auguste (1). (1) Ce temple, de forme rectangulaire, mesurant dans œuvre 6m75 sur 13m75, était entouré d'une galerie circulaire (Bull. arch. du Finistère, 1894, p. 160).



Origines

    

    L'Armorique, aux Vème et VIè siècles, vit débarquer sur ses rivages de nombreuses bandes de Bretons insulaires que l'invasion saxonne avait chassés de leur patrie. Sous la conduite de leurs chefs de clans, de moines ou d'évêques, ces émigrants arrivaient des diverses régions de l'île de Bretagne, principalement des provinces comprises dans la Cambrie et de celles qu'occupaient les Cornovii, peuple considérable qui a donné son nom à la Cornouaille armoricaine.

      D'autres émigrations importantes, notamment celle des Corisopites, eurent pour point de départ la Bretagne du Nord. C'est à ce dernier Pays - d'après Mr de la Villemarqué (1) - que devait appartenir saint Ergat ou Argad que la Paroisse de Pouldergat honore comme fondateur. Fils du roi barde Loumarch, chef d'un petit Etat nommé l'Argoët, saint Ergat, selon la tradition de la paroisse (2), aurait lui-même été barde.

      La vie de saint Ergat n'a pas été connue des hagiographes et le souvenir de son apostolat serait depuis longtemps effacé, si le nom d'Ergat n'était resté incorporé dans celui d'un certain nombre d'églises et de chapelles que la vénération des fidèles avait placées sous son patronage. Dans le seul diocèse de Quimper, indépendamment de Pouldergat, on pourrait citer comme ayant été vraisemblablement consacrées à ce saint, l'ancienne trêve de Tréouergat (3) et bien qu'elles aient changé de vocable, les paroisses de Pouegat Moysan et de Plouégat Guerrand (4).

      C'est au sud de la baie de Douarnenez , non loin de l'endroit où l'opinion la plus accréditée place la légendaire ville d'Is, que vinrent s'établir les exilés qui avaient suivi St Ergat. Le Pays, à cette époque, ne devait compter que de rares habitants et le Plou qu'y fondèrent les bretons put se développer dans la partie méridionale d'un ancien pagus qui s'étendait à l'Est jusqu'au ruisseau du Riz, au Nord et à l'Ouest jusqu'à la mer et au Midi jusqu'à la baie d'Audierne et à la rivière de Pont-Croix.

      Ce vaste territoire, dans les chartes du moyen-âge, est encore dénommé Pagus-cap-Sizun. Dans ses limites se constituèrent, sous l'influence de la colonisation bretonne, onze circonscriptions paroissiales dont l'une des plus importantes devait être celle de PLODERGAT (5).

      Le document le plus ancien qui mentionne cette paroisse, remonte à l'année 1126. Antérieurement à cette date, en 1121, Robert, évêque de Cornouaille, avait donné au prieuré de saint-Tutuarn (île Tristan) les deux tiers de la dîme de Plodergat (plebs sancti Ergadi) et en outre le tiers du droit de sépulture et des offrandes faites à l'église paroissiales, le jour de Pâques; mais la charte qui relate ces dons ne fut dressée qu'en 1126.

Cette charte a été publiée dans le Bulletin de la Soc.Ar. Du Finistère de 1905, p 249.

(1) Revue de Bretagne et de Vendée, 1887, p. 11-18

(2) La même tradition veut que St Ergat ait habité Kerdergat, village situé à un kilomètre au S.O. du bourg 3

(3) L'église de Tréouergat qui possède des reliques du saint, en a cédé une partie à Pouldergat.

(4) Bull. archéol. du Fin. 1913, p. 20 et la Bretagne contemporaine, III, p. 63. 5

(5) Pouldergat (avec Pouldavid) a 2995 hectares de superficie et compte actuellement 3111 habitants.

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Charte de 1126


Voici donc ce que du consentement de tout mon clergé, de Conan, duc des Bretons, et de tous les barons de Cornouaille, pour le salut de mon âme, celui de mes prédécesseurs et de mes successeurs, j'ai donné est concédé à perpétuité aux moines de Marmoutier, à savoir : l'église de Saint-Tutuarn avec tous ses revenus et dépendances et Hamoth comme il est dit ci-dessus :

deux tiers de la dîme de la peuplade de saint Ergat qui s'appelle en Breton Plodergat
un tiers du droit de sépultures dans cette paroisse.
le tiers désolation au jour du vendredi saint, du dimanche de la passion et à la première messe de Noël ;
deux tiers des dîmes de saint Tuoc,
deux tiers des dîmes de saint Tuian avec deux tiers du droit d'étole de ladite chapelle ;
deux tiers de la dîme de Tréflac
La partie du document qui suit doit être revue

de tiers de la ville chaud, de la villa Chodoen et de Lanfiat et de Landuguen, trois ans plus tard (1121) aux ajouter assez donation les deux tiers de la dîme de Trefdujan lesdits oblations de cette église, donation que j'ai faite autant de dom Angoumar et que j'ai remis entre ses mains devant plusieurs témoins. Donné l'an de l'incarnation 1126 (1127).

(On pourrait y reconnaître dans Trefdujan la terre de Teturien ou Treturien en Ploudergat, dont il est question dans un acte de 1254, en observant qu'au cartulaire de Quimperlé, la paroisse de sancti Tujani, devient la paroisse de saint Tourchan, puis Saint Thurien).

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