Anciens manoirs

Sommaire

Le Moguermeur
Kerguélénen
Le Questel
Le Guilly
Trémibrit
Kervern
Le Cloarec
Kergoff
Keranpap


inter

Le Moguermeur

    
     En 1467, le Moguermeur devait appartenir à la famille Cogniou qui avait pour armes deux lévriers pasants et qui paraît avoir changé son nom contre celui de ce manoir.

      Le dernier Dumoguermeur qui était notaire, avait épousé Marie de Lesivy, fille de René, seigneur de Lesivy et de Kerelleut (Kerlot) et de Marguerite de Pontplancoet. Il mourut sans hoir avant 1536 et, quelques années plus tard, le manoir du Moguermeur avec son moulin et ses domaines de Penguilly et de Hentmeur devint la propriété de Jacques Pencoet, sieur de Kerdanet.

      Cette terre dans la suite passa par alliance aux Gourcuff. Elle fut donnée en partage à Gilette Gourcuff qui épousa en 1611 Jacques Madien, ancien compagnon de la Fontenelle et l'un des derniers defenseurs du fort de l'Ile Tristan (1).       Sébastien Madien issu de cette union, prenait dans les actes le titre d'écuyer. Il produisit à la réformation de 1670 et fut débouté ainsi que son frère puîné, Guillaume Madien sieur de Keramoal. Décédé en 1676, il eut pour enfant :
      Vincent Madien qui, pendant près de trente ans, tint la cure de Pouldergat ; Marguerite Madien mariée avant 1669 à Jean de Kergariou, sieur des Fossés, et Guy Madien, sieur du Moguermeur, qui mourut en 1677, laissant de son mariage avec Marie Bridou (2) plusieurs enfants.
      L'aîné, Jean Madien, décédé en 1726, avait pour femme Magdeleine Bennery. Il fut père de Jacques Madien qui épousa en 1727 sa parente Anne de Kersauzon (3), fille de feu Vincent-Tanguy de Kersauzon-Penalen et de Marguerite Madien .

      Le Manoir du Moguermeur occupe la partie sud-est d'une enceinte fortifiée (n° 101 du cadastre, Sect E), d'origine probablement romaine, qu'entourait la grande muraille qui a donné son nom à cette endroit. La maison d'habitation dont la porte est surmontée d'un écusson fruste et qui paraît dater du XVIIème siècle, ne comprend au rez-de-chaussée qu'une salle, à droite de l'entrée, avec escalier et cuisine en appentis. Elle est précédée d'une cour dont les portes cochères en plein cintre s'ouvrent, l'une à l'est, sur l'arrivée du manoir et ,l'autre au midi sur une rabine conduisant à Penguilly.


(1) En 1600, lors de la capitulation du fort, Jacques de Lestel sr de la Boulle, Lieutenant de La Fontenelle, obtint des lettres d'abolition pour Jacques Madien et ses compagnons qui étaient détenus à Rennes et à Nantes. (Bulletin de la Société Arcéologique 1905. L'île Tristan par Bourde de la Rogerie, p. 213 et 345).

(2) Elle était fille de Bridou, greffier du Présidial de Quimper en 1630.

(3) Avant la célébration du mariage, les futurs conjoints présentèrent aux invités réunis dans la sacristie de Pouldergat un enfant de trois ans, nommé Jean, qu'ils reconnurent pour leur fils. (Archives du greffe du Tribunal civil de Quimper)

Propriétaires

1426 Jehan Cogniou
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1536 Du Moguermeur - Marie de Lesivy (René - Marguerite de Pontplancoet)
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1546 Jacques de Pencoet, sr de Kerdanet (Henri - Alix de Kerguelenen) - Claude de Lezongar
Acquit en 1546 la terre de Lesivy en Mahalon qu'il revendit ensuite aux Tremillec
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1595 Marie de Pencoet - Jean Gourcuff (Jean - Jacquette de la Coudraye)
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1611 Gillette Gourcuff - Jacques Madien
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1670 Sebastien Madien - Françoise du Vieux-Chastel
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1677 Guy Madien - Marie Bridou
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1726 Jean Madien - Magdeleine Bennery
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1727 Jacques Madien - Anne de Kersauzon (Vincent-Tanguy - Marguerite Madien)

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inter

Kerguélénen

    


      Les seigneurs de ce nom étaient issus en ramage de la maison du Juch dont ils portaient les armes d'azur au lion d'argent brisées d'une macle d'or. Leur manoir relevait de Coetmorvan. Ce fut à Loys de Cornouaille, seigneur de ce fief, que Jehan de Kerguélénen, chevalier, présenta en 1467 son minu pour le rachat des biens qu'il avait hérités de son père, Yvon de Kerguélénen, décédé l'année précédente. Ce minu mentionne " le manoir de Kerguélénen avec ses moulins, bois et colombier, un vieil emplacement d'étage au levant du manoir appelé Saint Connec, la métairie de Penkaer, les villages de Ty an cahérec et de Goelet an Kaer, enfin deux tènements, l'un à Keroueret, l'autre habité par Hervé le Griffon, au bourg paroissial. "
      La seigneurie de Kerguélénen avait haute justice et patibulaire sur la montagne située au nord de Goelet an Kaer .

      Jehan de Kerguélénen, décédé en 1483, avait eu de Béatrice du Hirgars deux fils dont de cadet fut chanoine de Quimper (1489-1509). L'aîné, Jehan de Kerguélénen, marié en 1474 à Marie Tuonmelin, fille d'alain Tuonmelin, sgr de Botpodern, mourut en 1497, laissant plusieurs enfants.

      Alain de Kerguélénen qui lui succéda, vécut jusqu'en 1547. C'est à lui que le vicomte de Rohan, voyant les Anglais et les Espagnols menacer les côtes de Cornouaille, avait donné mission, en 1543, d'avoir l'œil sur les navires destinés à la course à Douarnenez et dans les hâvres voisins et de ne les autoriser à se mettre en mer que s'ils étaient convenablement armés (2).
      Alain de Kerguélénen avait été marié deux fois. De sa première union (1503) avec Marie Liziard de Trohanet étaient nées deux filles dont l'aînée, Jehanne, épousa vers 1521, Jehan de Pen guilly (3). Sa seconde femme, Françoise de Kerouant, lui donna cinq filles et deux fils, Rolland et Jean.

      L'aîné, Rolland de Kerguélénen, ne survécut à son père qu'une dizaine d'années. Il laissa de son mariage avec Jacquette de Coetanscours un fils nommé Jehan que devait s'éteindre sans alliance, à la fin de l'année 1561 et dont la succession donna lieu à un procès. Le frère cadet de Rolland, Jean de Kerguélénen, était prêtre et chanoine. Après avoir embrassé le protestantisme, il se maria à Marie de Kerasquer, veuve d'Alain du Fou, seigneur de Logan et en eut une fille nommée Marie. En mourant, il confiât la tutelle de sa fille à Claude de Névet qui voulut revendiquer pour sa pupille l'héritage du dernier Kerguélénen auquel prétendaient également les seigneurs de Penguilly comme représentant leur mère, Jehanne de Kerguélénen, sœur aînée de l'ex-chanoine. Un procès s'en suivit "mais la Cour du parlement, toujours équitable en ses jugements, n'autorisa pas le mariage de ce libertin et, déclarant sa fille illégitime, adjugea la succession au seigneur de Penguilly (4). "

      Le chef de cette maison, Henry de Penguilly, étant mort en 1558 sans postérité, sa sœur Marie de Penguilly, femme de Jean de Kersaudy, avait succédé à ses vastes possessions.
      Décédée elle-même quelques années près, la dame de Kersaudy transmit les terres de Kerguélénen, Penguilly et Trohanet à son fils aîné, Alain de Kersaudy, qui mourut sans laisser d'enfant de son mariage avec Françoise de Ploeuc et auquel succéda son frère puîné, Pierre de Kersaudy.
      Alain de Kersaudy avait pris part au siège du château de Pont-l'Abbé que les ligueurs enlevèrent aux huguenots en 1590. Le chanoine Moreau qui nous a laissé le récit de ce siège, mentionne également dans ses Mémoires (5) un autre épisode des guerres de la ligue survenu quelques années plus tard, non loin de Kerguélénen.

      En 1596, le capitaine le Clou, avec un détachement de la garnison de Quimper, s'était retiré au manoir de Kerguélénen, sous prétexte de surveiller la Fontenelle ; mais le bruit courait qu'il avait avec ce dernier de fréquentes entrevues. Fortement soupçonné de trahison, le capitaine le Clou, pour se disculper, promit de s'emparer de la Fontenelle ; il réussit en effet à l'attirer dans un guet-apens (6) et l'amena prisonnier à Quimper.
Pierre de Kersaudy qui était devenu, à la mort de son aîné, seigneur de Kerguélénen, épousa Anne de Ploeuc du Tymeur nièce de sa belle-sœur Françoise de Ploeuc. Il mourut en 1621 après avoir, l'année précédente, marié sa fille unique, Mauricette de Kersaudy, à Christophe Fouquet, seigneur de Chalain.

~ ~

      La terre de Kerguélénen, sortie depuis quelques années de la maison de Chalain, fut revendue, vers 1643, par écuyer Jean du Mur à Yves de Quélen, sieur de la Crecholain, conseiller du roi en la sénéchaussée de Concarneau et à Marie de Jegado, son épouse. Guénolé de Quélen, fils des acquéreurs, leur ayant succédé en 1659, fit rebâtir le manoir dont il ne reste que l'aile occidentale sur laquelle on voit les armes accolées de Quélen et des Kerloaguen. Après son décès arrivé en 1679, sa veuve Roberte de Kerloaguen, fournit aveu à la seigneurie de Coetmorvan pour le château de Kerguélénen, son grand corps de logis et ses écuries, la longère à l'occident de la cour et le deux pavillons au midi, le jardin cerné de hauts murs, le colombier, les bois taillis et de haute futaie et pour plusieurs domaines relevant du même fief (7). Cet aveu ne fait pas mention de la chapelle dédiée à saint Christophe, qui ne devait pas encore être rebâtie.

      Le fils aîné de Guénolé, Vincent-Louis de Quélen, décédé sans postérité en 1715, eut pour héritier son frère puîné Alain-Maurice de Quélen, officier d'infanterie. Marié d'abord à Louise-Catherine de Kersulguen(1715), et en secondes noces à Vincente-Renée de Kervenozael (1734), Alain-Maurice de Quélen mourut en 1739, sans laisser d'enfant. Sa succession fut recueillie collatéralement par Olivier-Robert du Couëdic, sieur de Kergoualer, dont l'aïeule paternelle était la sœur de Guénolé de Quélen.
      Du mariage d'Olivier-Robert du Couëdic avec Marguerite Ansquer naquit à Kerguélenen, le 17 juin 1740, Charles-Louis du Couëdic qui devait s'immortaliser comme commandant de la Surveillante par la victoire qu'il remporta, après quatorze heures de combat, sur la frégate anglaise le Québec. Du Couëdic, blessé à mort, fut ramené à Brest où il succomba trois mois plus tard(1780).

      Dans les dernières années du XVIIIème siècle, le manoir de Kerguélenen devint la propriété de Mr Calloc'h de Kerilis qui fut sous l'Empire maire de Quimper et dont le fils, Aimé de Kerilis, épousa en 1807 la fille du baron de Miollis, préfet du Finistère.
      Des quatre fils issus de cette union (8), ce fut le plus jeune, Félix de Kerilis, qui eut en partage Kerguélenen où il est décédé en 1905.

(1) Kerguélénen tenait en Pouldergat, sous le proche fief du Duc, une partie du bourg ainsi que plusieurs convenants.

(2) D.Morice, T. III, Preuves, col. 1049.

(3) De ce mariage : Henry marié à Claude de Tyvarlen et mort sans enfants ; Jehanne, femme de Raoul de Trémillec dont le fils unique mourut jeune ; et Marie qui épousa Jehan de Kersaudy.

(4) Archives du Finistère, E 837, généalogie ms. de la maison de Kerguélénen par Autret de Missirien.

(5) Edition de 1857, p 63 et suiv., p. 336 et suiv.

(6) Suivant la tradition, c'est auprès de Botcarn, sur la voie reliant ce camp à Pouldavid, que le bandit aurait été capturé.

(7) Entre autres, le convenant de Ruberdiry au bourg, qui chaque année, devait au receveur de Coetmorvan un repas composé de " chair salée, un chapon, une piecze de mouton, pain de froment pour deux hommes et d'une quarte de vin. "

(8) L'un d'eux, Alfred de Kerilis, auteur du roman historique La Fontenelle ou le dernier Ligueur, mourut avant 1840.

Propriétaires

1255 Derrien de Kerkelennen
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1289 Rolland de Kerguelenen - Béatrice
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Yves de Kerguelenen
...
1430 Yves de Kerguelenen - Catherine du Hirgars (Hervé - Jeanne de Quistinit)
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1483 Jean de Kerguelenen - Béatrice du Hirgarz
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1496 Jean de Kerguelenen - Marie de Tuonmelin
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1503 Alain de Kerguelenen -1 Marie Liziart(Guillaume - Marguerite de Kernivinen)
-2 Françoise de Kerrouaut
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Rolland de Kerguelenen - Jacquette de Coetsancours
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1521 Jeanne de Kerguelenen - Jean de Penguilly (Henry - Jeanne du Hirgars)
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1558 Marie de Penguilly - Jehan de Kersaudy (Jean de Kersaudy - Marguerite de Kergoët)
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1621 Pierre de Kersaudy - Anne de Ploeuc
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1635 Mauricette de Kersaudy - Christophe Fouquet de Chalain
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1643 Yves de Quelen - Marie de Jegado
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1659 Guénolé de Quelen - Roberte de Kerloaguen
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Vincent-Louis de Quelen
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1715 Alain-Maurice de Quelen - Louise-Catherine de Kersulguen - Vincente-Renée de Kervenozael
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1739 Olivier-Robert du Couëdic - Marguerite Ansquer de Kerscau
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Charles-Louis du Couëdic

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uy

Le Questel



      L'histoire du Questel se confond avec celle du Guilly, ces deux manoirs ayant été, pendant plusieurs siècles, réunis dans les mêmes mains.

      Le Questel, au XVIème siècle, fut habité par Jehan Agnès du Guilly qui enrendit aveu à la seigneurie de Lespervez (1540), puis par son fils, Henry du Guilly, auquel succéda Françoise du Guilly, dame du Haffont. Louise du Haffont, qui y résida après sa mère, avait épousé Nicolas de Charmoy dont elle n'eut pas d'enfants. Elle mourut en 1661 et ses héritiers collatéraux de l'estoc maternel, appelés au nombre de dix-huit à recueillir sa succession, ne purent conserver le Questel.

      Messire René de Ploeuc, acquéreur de ce manoir, ne tarda pas à le revendre. Par contrat d'échange du 30 octobre 1662, il céda et transporta à écuyer Jean Rolland, sieur des Nos (1), notaire demeurant à Kernilis en Landudec, le manoir du Questel avec son moulin à eau, ses prééminences à Pouldergat, dans la chapelle saint-Jean et les convenants Marec et Maillot au village du Guilly.
      Jean Rolland qui mourut en 1686, avait eu de son mariage avec Marie Guillaume quatre fils dont le second, Nicolas Rolland, devint recteur de Landudec, et deux filles (2). L'aînée, Isabelle, qui avait épousé en 1678 Hiérosme Brochereul (de Concarneau), reçut en partage le manoir du Questel.

      Isabelle Rolland qui vécut jusqu'en 1745, ne laissa qu'un fils, Jean-Louis Brochereul, sieur de Penanprat, qui était capitaine des milices garde-côtes de la paroisse de Mahalon. A la mort de ce dernier en 1752, son fils Jean-Marie Brochereul, avocat, hérita du Questel.

(1) Les Rolland avaient possédé le manoir du Tertre des Nos en Planguenoual (Ev. de St Brieuc) et se disaient issus de Roland des Nos, croisé en 1248. Il furent déboutés à la Réf. de 1669.

(2) La cadette, Anne Rolland, eut en partage les domaines du Guilly. Elle épousa, en 1687, François le Béurier, sieur de Tréganou (de Plogastel), dont Louise le Béurier mariée (1717) à écuyer Luc-Corentin de Kerguern ( de Trégourez) décédé en 1733. L'aîné des quatre filles issues de ce mariage, Anne-Louise de Kerguern, épousa (1744) Pierre Furic de Penguilly. (Arch. du greffe du trib. Civil de Quimper)


Propriétaires

 Le Questel et Le Guilly

1379 Jehan Agnès
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1427 Jehan Agnès
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1506 Henry Agnès
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1540 Jean Agnès du Guilly
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1554 Henry du Guilly
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1574 François du Guilly
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1580 Françoise du Guilly - Sgr du Haffont
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1622 Louise du Haffont - Nicolas de Charmoy

 
Le Questel

1661 René de Ploeuc
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1662 Jean Rolland des Nos
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1686 Isabelle Rolland - Hiérosme Brochereul
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1745 Jean-Louis Brochereul
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1752 Jean-Marie Brochereul

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Le Guilly




      La réformation de 1427 mentionne au Guilly deux domaines dont les métayers étaient exempts de fouages. L'un d'eux appartenait à Jehanne de Lespervez, veuve de Guillaume de Rosmadec ; l'autre à Jehan Agnès, de Clémentec en Ploaré, dont le père, Jehan Agnès, avait figuré comme écuyer, en 1379, dans la montre d'Hervé de Lezongar.

      Henry Agnès étant décédé au Guilly en 1506, son fils Jehan rendit aveu l'année suivante à la seigneurie de Coetmorvan pour ce manoir et son moulin qu'il tenait par mains, ainsi que pour trois tènements que cultivaient au Guilly Jehan le Marhec, Yvon le Béguec et Alain Kerminihy. Ce Jehan Agnès qui possédait également le Questel et le manoir de Toulgoet en Penhars, abandonna le nom d'Agnès pour prendre celui du Guilly qu'ont porté ses descendants. Il mourut vers 1554, laissant deux fils dont le cadet, Jehan du Guilly, était recteur de Meylar en 1561.

      L'aîné, Henry du Guilly, décédé en 1563, fut père de François du Guilly, seigneur de Toulgoet, qui habitait en 1574 le manoir du Guilly et auquel avait succédé en 1580 Françoise du Guilly, dame du Haffont de Lestimbech.

      Françoise du Guilly dont la mère devait appartenir à une famille de cultivateurs ou de commerçants du pays (1), vivait encore en 1612. Aucun de ses enfants de laissa de descendance. Sa fille, Louise du Haffont, femme de Nicolas de Charmoy, qui avait hérité, en 1622, de son frère Guillaume du Haffont, vendit quelques années après le manoir et une partie de la terre du Guilly. Ce manoir appartenait, en 1643, à Maître Nicolas Delisle qui résidait alors à Tréotat et qui fut pourvu en 1659 de l'office de procureur fiscal de Kerharo.

      Maître Delisle eut pour successeur, vers 1684, son fils nommé aussi Nicolas, qui de son mariage avec Françoise Josse ne laissa que deux filles.


(1) En 1661, les Férec, Guillou, Gannat et autres représentants de cette famille, se partagèrent la succession de Louise du Haffont dont ils étaient les plus proches héritiers.

Propriétaires

Le Questel et le Guilly


1379 Jehan Agnès
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1427 Jehan Agnès
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1506 Henry Agnès
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1540 Jean Agnès du Guilly
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1554 Henry du Guilly
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1574 François du Guilly
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1580 Françoise du Guilly - Sgr du Haffont
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1622 Louise du Haffont - Nicolas de Charmoy

 

Le Questel

1661 René de Ploeuc
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1662 Jean Rolland des Nos
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1686 Isabelle Rolland - Hiérosme Brochereul
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1745 Jean-Louis Brochereul
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1752 Jean-Marie Brochereul

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Trémibrit




      En 1460 mourut Jehan de Trémibrit. Le minu pour l'éligement du rachat acquis par son décès fut fourni, la même année, par Pezronnelle du Rible, sa veuve, et par Hervé du Kernech, garde et curateur de ses enfants (1).
      L'aîné de ces enfants, Jehan de Trémibrit (2), était notaire en 1475 et comparut à la montre de Carhaix en 1481. Décédé sans postérité vers 1500, il laissa pour unique héritière sa sœur Marie Trémibrit qui vivait encore en 1541.

      Au XVIIème siècle, on trouve la terre de Trémibrit réunie à celle de Kerguélenen. En outre du manoir avec métairie, moulin et bois taillis, cette terre comprenait le convenant Kerdréo (anciennement Kerdrein) et deux tenues à Kerilis-Pouldergat. Le manoir, détruit pendant la Ligue, n'avait été qu'en partie réédifié. D'après l'aveu rendu au roi en 1680, à l'ouest de la maison qui avait 24 pieds de longueur sur 20 de hauteur, existaient encore les ruines d'un ancien corps-de-logis long également de 24 pieds.

      Dans l'église paroissiale, suivant le même aveu (3), le blason de Trémibrit, d'argent à l'aigle impériale de sable becquée et membrée d'or, occupait un des soufflets du tympan de la maîtresse-vitre. Ces armes étaient reproduites dans les panneaux inférieurs en alliance avec celles de Lezongar, de Pencoet, de Kernech et du Rible.
      La maison du Rible (en Plomodiern), dont les armes antiques étaient d'argent au chevron de gueules, portait alors palé d'argent et d'azur de six pièces chargées d'une cotice de gueules, l'héritière de cette maison ayant épousé, au XIVème, Pierre Juveigneur de Rosmadec qui prit pour lui et ses descendants le nom du Rible, tout en retenant les armes de Rosmadec.

      Chaque année, le jour de la fête de saint Etienne, le seigneur de Trémibrit avait coutûme de faire jeter une soule en bois fournie pour le dernier marié de l'année. Ce vieil usage qui était tombé en désuétude pendant la Ligue, fut rétablie en 1724 par Alain-Maurice de Quélen.

(1) Compte de Gauvain de Qoettanezre, receveur du domaine à Quimper (Arch. du Finistère, A 39).

(2) août 1477 (AD 29 1 E 227): Jehan de Tremibrit et Clémence de Lesongar, sa femme, procèdent à un afféagement à Stangyen en Gourlizon, alors trève de Ploaré; l'acte est signé et scellé "en la maison Alain du Bourch en la paroisse de Ploedergat le 9 juin 1477"

(3) Arch. Nationales, P 1693, T.VIII, f° 147

Propriétaires

1460 Jehan Trémibrit - Pezronnelle du Rible
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1475 Jehan Trémibrit - Clémence de Lezongar
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1541 Marie Trémibrit
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Kerguelenen

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Kervern

    


      Le manoir de Kerguern était, en 1535, aux mains de Claude du Juch, fille mineure et héritière de Raoul du Juch, qui le porta en mariage à Rolland de Lezongar, seigneur de Pratanras. Devenue veuve en 1556, Claude du Juch vendit peu après ce manoir à Jehan Perrault, époux d'Adelice Certain, qui comparut comme seigneur de Kerguern à la montre de 1562 et auquel succéda son fils Jehan Perrault. Ce dernier était conseiller au siège présidial de Quimper lorsqu'il mourut en 1593.

      Alain Perrault, fils du précédent et Jeanne Bougeant, son épouse, acquirent en 1636 le manoir de Lesalguen en Beuzec. Ils marièrent leur fille, Hélène Perrault, à Alain Toulguengat, sieur de Treffry. Leur fils, René Perrault, était en 1655, sénéchal de la juridiction de Kerharo qui s'exerçait alors à Pouldavid. Il avait épousé, en 1640, Françoise du Boisguéhennec du Minven qui lui donna quatre enfants (1).

      L'aîné de ses fils, Hiérosme Perrault, avocat à la Cour, fut pourvu, en 1671, de l'office de sénéchal de Kerharo qu'il conserva jusqu'en 1725. Il rendit aveu au roi en 1683 pour le manoir et la terre de Kervern qui comprenait bois, jardin, colombier, moulin et plusieurs convenants ainsi que pour les prééminences que possédait ce manoir. De Kervern dépendaient deux tombes basses et un escabeau armorié dans la chapelle des saints Cosme et Damien à Pouldergat et en outre cinq tombes dans le chœur de la chapelle saint Jacques à Pouldavid (Arch. Nat. P 1693, T. VIII, f° 177).

      Hierosme Perrault eut de son mariage avec Marguerite Huchet plusieurs enfants, au nombre desquels Philippe Perrault qui fut nommé, en 1714, curé de Locronan où il décéda en 1747, âgé de soixante ans. Une de ses filles, Anne-Marguerite Perrault, mariée en 1710 à Charles René de Kerret qui mourut sans enfants, épousa en secondes noces (1717) Guillaume le Traon Poulguen.

      Par contrat du 22 juillet 1757, Joseph Perrault de Kervern, Catherine, Pélagie et Marie le Traon vendirent la terre de Kervern à Jean-Hippolyte de Mauduit et à sa femme, Marie-Françoise le Flo de Branho. Cette terre, saisie pendant la Révolution et vendue comme bien national, eut pour acquéreur le citoyen Chappuis, l'un des administrateurs du Département en 1793. Devenu ensuite la propriété de la famille Belbéoc'h, Kervern a été transformé en ferme modèle par Mr Charles Belbéoc'h, agronome distingué, qui emporta la prime d'honneur au concours régional en 1868.


(1) Françoise du Boisguéhennec, née en 1626 du mariage de Jean, Sgr du Mineven, avec Jeanne de Kerloaguen, mourut en 1674 et fut inhumée dans l'église de Pouldavid. Elle eut pour enfant : Françoise Perrault, morte sans alliance, Hiérosme, Charles qui décéda en 1700, laissant de Anne Soubly un fils et deux filles, et François qui devint recteur de Tréogat (1680-1695).

Propriétaires

Raoul du Juch
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1535 Claude du Juch - Rolland de Lezongar
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1556 Jehan Perrault - Adelice Certain
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1593 Jehan Perrault - Marie le Vestle
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1636 Alain Perrault - Jeanne Bougeant
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1655 René Perrault - Françoise du Boisguéhennec (Jean - Jeanne de Kerloaguen)
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1671 Hiérosme Perrault - Marguerite Huchet
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1747 Philippe Perrault
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1757 Jean-Hippolyte de Mauduit - Marie-Françoise le Flo de Branho
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1793 Chappuis
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Charles Belbeoc'h

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inter

Le Cloarec 

   


      Le manoir de Cloarec était le gage de la sergenterie féodée de Pouldergat. On y trouve établie, à la fin du XIVème siècle, la famille de Kernech qui blasonnait d'or à la croix de gueules chargée de cinq merlettes d'argent (1). En 1411, Gourmelon de Kernerch, âgé de 51 ans, fut entendu comme témoin dans l'enquête sur les droits du vicomte de Léon en Cornouaille.

      Hervé de Kernech qui lui succéda, est cité dans la réformation des fouages de 1427 comme possesseur du village de Kerguesten. Ce fut lui ou son fils portant le même nom qui, aux plaids généraux de Quimper en 1464, produisit au soutien des droits de sergentise appartenant à sa famille. Décédé en 1480, il eut pour successeur son neuveu Henry de Kernech qui était notaire et qui fut représenté à la montre de 1481 par son fils Hervé, archer en brigandine.

      Cet Hervé de Kernech, à la mort de son père (1497), hérita, entre autres biens, du domaine de Cornancoet tenu par Jehan et Hervé le Bescond. Il eut pour enfants Jehan de Kernech et une fille nommée Elienor (2).

      Jehan de Kernech étant décédé en 1520, Catherine Boys, sa veuve, en qualité de tutrice de leur fils Henry, rendit aveu au seigneur de Coetmorvan pour le lieu de Cleguer que tenaient à convenant Jehan et Henry Larour ainsi que pour le village et le moulin de Kerleguer exploités par Jehan et Charles Le Bourhys. Henry de Kernech fournit aveu en 1544 pour les mêmes domaines. Il était marié à Catherine de Penguilly, fille de Henry de Penguilly, sieur de Kerbalanec. Avec lui paraît s'être éteinte la filiation masculine de cette famille.

      Le chanoine Moreau rapporte dans ses Mémoires qu'en 1595 la Fontennelle, pour construire sa forteresse de l'île Tristan, fit démolir une grande partie des maisons de Douarnenez (3) ainsi que la plupart des manoirs situés à proximité de la ville. C'est vraisemblablement à cette époque que fut détruite la vieille demeure des Kernech.

      Le Cloarec appartenait alors à l'héritière des Trémillec qui devait épouser peu après Jean de Jégado, seigneur de Kerollain, il fut donné, au siècle suivant, par Pierre de Jégado à l'abbaye de Kerlot. En 1682, ce manoir était loué à Jacques Lescop qui payait à l'abbaye un fermage de 150 livres. Il ne restait de ses anciens batiments qu'une chapelle et un colombier délabrés, lorsqu'en 1690 les Cisterciennes de N-D de Kerlot le vendirent à Jean de Kergariou, sieur de Kerampap, moyennant 126 livres de rente.

(1) Elle avait pour berceau la maison de Kernech en Guyler-Mazalon qu'elle possédait encore en 1546

(2) Elienor du Kernech, mariée à Jehan Gauvaign, reçut trente soulz de rente sur Kerléguer pour partie de ses droits comme fille de la maison de Cloazrec.

(3) Le quartier du port fut sans doute épargnée : il y a peu d'années, il renfermait encore de vieilles bâtisses pouvant remonter à cette époque. On voyait aussi, rue Boudoulec, une maison datée de 1584.

Propriétaires

1411 Gourmelon de Kernech
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1427 Hervé de Kernech
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1464 Hervé de Kernech
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1480 Henry de Kernech
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1481 Hervé de Kernech
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1497 Jehan de Kernech - Catherine Boys
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1520 Henry de Kernech - Catherine de Penguilly (Henry - Guyonne de Lezongar)
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1555 Jeanne de Kernech - Alain de Kersaudy (Jean de Kersaudy - Marguerite de Kergoët)
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1558 Jehan de Kersaudy - Marie de Penguilly (Jean de Penguilly - Jeanne de Kerguelenen)
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1617 Anne de Tremillec - Jean de Jegado
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Pierre de Jegado
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Abbaye de Kerlot
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1690 Jean de Kergariou

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Kergoff

    

     Alain Sotonec qui possédait ce manoir en 1411, fut entendu comme témoin dans l'enquête relative aux droits qu'avait en Conouaille le vicomte de Léon.

      En 1539, Jacques Kerdrein, écuyer, qui habitait Crauzon, rendit hommage au roi pour le manoir de Kergoff, son moulin, ses rabines et autres dépendances.

      Vendu judiciellement en 1655, Kergoff fut acquis par Jean le Nobletz et Françoise Kernafflen, son épouse, qui fournirent aveu en 1678. L'ancien manoir existait encore à cette époque, précédé d'une cour dont les deux portes ouvraient l'une au midi et l'autre à l'ouest.

Propriétaires

1411 Allain Sotonec
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1539 Jacques Kerdrein
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1655 Jean le Nobletz - Françoise de Kernafflen

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Keranpap

    


      Ce manoir qui relevait de Lespervez, appartenait en 1427 à Hervé Pencoët. Jehan Pencoët qui en était possesseur en 1512, le transmit à sa fille ou petite fille Eliette Pencoët, femme de Pierre Geffroy. En 1570, Keranpap était habité par les époux Geffroy auxquels succéda leur fille aînée Louise Geffroy, dame de Linlouet.

      Au siècle suivant, ce manoir était devenu la propriété de Françoise Goulhezre qui y résidait en 1621, avec son mari Jean le Torcol, écuyer.

      Il est probable que, quelques années plus tard, Keranpap passa par acquêt aux Madien du Moguermeur ; on le trouve, en 1669, aux mains d'écuyer Jean de Kergariou, sieur des Fossés, qui avait épousé Marguerite Madien dont la dot comprenait le village de Penhoet, contigu aux terres de Keranpap.

      Leur fils et successeur, Jean de Kergariou, figure comme brigadier sur le rôle de la 5ème compagnie du ban et de l'arrière-ban de l'évêché de Cornouaille que le maréchal de Vauban passa en revue en 1694. De son mariage avec Ubanne Forsans naquit en 1698 Jean-Marie de Kergariou qui mourut en 1730, laissant de sa femme Marguerite-Ursule du Combout, plusieurs enfants.

      La maison d'habitation qui a remplacé le vieux manoir, a été construit au siècle dernier par Mr François Gouzil, époux de Marie-Josèphe Brethel. Pendant plus de trente ans, Mr Gouzil administra comme maire la commune de Pouldergat où il avait fondé une école que dirigeait les Religieuses du Saint-Esprit.

Propriétaires

1427 Hervé Pencoët
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1512 Jehan Pencoët
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1570 Eliette Pencoët - Pierre Geffroy
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Louise Geffroy
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1621 Françoise Goulhezre - Jean le Torcol
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Louise le Torcol - Vincent Madien (Guy Madien - Marie Bridou)
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1669 Marguerite Madien - Jean de Kergariou
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1694 Jean de Kergariou - Urbanne Forsans
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1730 Jean-Marie de Kergariou - Marguerite-Ursule du Combout

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