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Nov 14, 2018

Commémoration 11 novembre


Catégorie : General
Posté par : mairie



TRADUCTION DU DISCOURS DE PIERRE BELBEOCH (DIMANCHE 24/11/1918)

Mes amis ! Il y a 4 ans et 4 mois de plus (le 2 août de l’année 14), j’étais monté ici sur ce mur du cimetière, pour vous annoncer la mauvaise nouvelle, de la déclaration de la guerre entre la France et les Prussiens, pour publier la mobilisation de tous les hommes jeunes. Et c’est 5 classes de la jeunesse que j’ai vues partir.
Pendant 4 années et 3 mois, il y a eu une bataille épouvantable, une tuerie comme il n’y a jamais eu sur la terre.

Toutes sortes d’armes pour tuer le monde, ont été inventées par les Allemands : Des avions jetant des bombes sur nos grandes villes, des gaz pour étouffer les gens, des jets de flamme pour les brûler, des canons tirant à plus de 30 lieues, des sous-marins qui envoyaient au fond de l’eau en 5 minutes un grand navire avec tout son monde.

Ce n’est pas par mille ni par cent mille mais par millions que l’on compte les hommes tués cette guerre-ci. Et les prisonniers, combien de misères ont-ils endurées en Allemagne ?
Ah mes amis, aujourd’hui nous pouvons crier avec grande joie : FINIE EST LA GUERRE, ON A FINI DE SE TUER !

Depuis le 11 de ce mois-ci, vous avez entendu les cloches chanter cette bonne nouvelle à travers les campagnes d’un clocher à l’autre. La paix est venue.
Ah, femmes, finissez de répandre vos larmes. La guerre est terminée. Et pour nous, c’est la victoire, une victoire belle assurément, plus belle que nous pouvions l’espérer. L’ennemi est vaincu pour longtemps. Il n’y a plus un soldat prussien sur la terre de France, sur cette terre qu’ils ont souillée pendant 4 ans.
L’Alsace-Lorraine, un pays riche par sa culture, riche par ses mines de fer et de charbon, cette Alsace-Lorraine volée par eux depuis l’année 1870 revient encore à la France. Nos soldats vainqueurs sont entrés dans les grandes villes : Metz, Mulhouse, Colmar. Demain, le drapeau aux trois couleurs de la France flottera au vent sur la cathédrale de Strasbourg. Je crois qu’après des événements si remarquables, notre premier devoir était de remercier le maître du monde. Nous avons rempli ce devoir.

Ensuite, nous sommes venus ici au milieu de nos morts, parce que nous avons un autre devoir à remplir, devoir d’honneur.
Nous rappeler de ceux qui ont donné leur vie pour le pays.
Si nous avons la victoire, souvenir à nos soldats. Souvenir surtout de ceux qui ont laissé sur le champ, leur vie ou un morceau de leur corps : un bras, une jambe, un oeil ou leur santé.
Sans tarder, les soldats reviendront à la maison. C’est avec grande joie que nous les recevrons.
Mais hélas ! Combien partis plein de vie ne reviendront jamais à la maison. Ah ! Longue est la liste des morts à la guerre. 97 ont été notés par moi dans la commune de Pouldergat.
Ah mes amis ! Honneur à la mère qui a donné son fils au pays ! Honneur à la veuve dont le mari est mort pour la France ! Soyez loués, enfants dont le père est tombé sur le terrain. Elle n’a pas été inutile leur mort. Leurs corps ne seront pas couchés dans ce cimetière au milieu de leur famille. Ils sont restés là-bas sur les routes de Charleroy, autour de Dixmude, au fond de la rivière de l’Yser. Ils dorment pour toujours dans la boue des Flandres, dans les tranchées de la Somme ; Ils sont tombés sur le champ de bataille de la Marne, du Soissonnais ou de la Champagne. Ils sont couchés à jamais dans les grands bois de l’Argonne, devant le fort de Verdun, sur les montagnes de la Serbie, ou fond des mers. Quelques-uns hélas sont perdus dans les cimetières d’Allemagne. Ah ! Nous garderons toujours le souvenir de ceux qui sont mort pour la Patrie.




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